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Du classement des connaissances à l’ère du SEO : l’histoire du référencement naturel

  • jeromehost57
  • 22 sept. 2025
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 oct. 2025

Le référencement naturel n’est pas né avec Google. Avant même l’invention d’Internet, l’humanité cherchait déjà des méthodes pour archiver, classer et retrouver l’information. Des tablettes sumériennes aux bibliothèques d’Alexandrie, des encyclopédies du XVIIIe siècle aux bases de données informatiques, la quête de la mémoire et de la pertinence est une constante de notre histoire.


Dans cette publication, nous retraçons cette évolution fascinante pour mieux comprendre comment elle nous a mené au SEO moderne, tel que nous le connaissons aujourd’hui.


Le référencement des documents est une préoccupation qui remonte aux origines de la civilisation (Leonardo ai)
Le référencement des documents est une préoccupation qui remonte aux origines de la civilisation (Leonardo ai)

Sommaire :

Les origines du classement de l’information dans l’Antiquité


Mémoire orale et premières techniques de structuration du savoir


Avant l’invention de l’écriture, la mémoire collective était le principal outil de transmission. Les sociétés orales utilisaient des poèmes, des chants ainsi que des rituels pour organiser l’information et la rendre mémorisable.


Ces différentes cérémonies n’étaient pas seulement des expressions culturelles : elles constituaient de véritables systèmes de stockage de l’information, avec une hiérarchie implicite et des répétitions destinées à simplifier la mémorisation, la consultation et l’enseignement.


Certains récits comme l’Épopée de Gilgamesh ou les poèmes homériques au temps de la Grèce antique structuraient les informations selon un ordre précis, avec des éléments répétitifs. Cette technique peut être vue comme une première forme de logique de référencement, appliquée à la mémoire humaine.


L’invention de l’écriture et l’archivage des données : aux origines de l’indexation


L’invention de l’écriture cunéiforme par les Sumériens (vers 3000 av. J.-C.) a permis d’archiver les informations économiques, administratives et religieuses sur des tablettes d’argile. L’importance des documents était suggérée par un code ou « colophon », permettant de les distinguer. Leur consultation devenait, de fait, plus simple, préfigurant les notions modernes d’indexation.


Dès cette époque, la question de la « retrouvabilité » de l’information se pose : comment accéder rapidement à une information précise, dans un ensemble de milliers de tablettes ? La réponse repose sur une structure hiérarchisée et catégorisée, qui préfigure les techniques modernes d’indexation.


Chaque type de document (ou tablette) était détenteur d’un identifiant implicite ou explicite indiquant à quelle catégorie il appartenait. Cela permettait à un archiviste ou un prêtre de savoir rapidement dans quel ensemble rechercher l’information :


  • Administratif / économique : listes de marchandises, inventaires de greniers, comptes de transactions.

  • Juridique : contrats, testaments, règlements.

  • Religieux : prières, rituels, hymnes.

  • Historique / littéraire : épopées, généalogies, chroniques.


La structure évoquée ici fonctionne exactement sur le même principe que les moteurs de recherche actuels (classer, hiérarchiser et relier les contenus pour en extraire toute la pertinence).


Les bibliothèques antiques et la centralisation du savoir


La célèbre Bibliothèque d’Alexandrie (IIIe siècle av. J.-C.) illustre l’ambition de centraliser le savoir humain. Elle abritait plusieurs centaines de milliers de rouleaux, classés par auteur, thème et importance. Des bibliothécaires spécialisés travaillaient à indexer et cataloguer ces textes pour faciliter leur consultation.


Le concept est proche de ce que nous appelons aujourd’hui un moteur de recherche interne : chaque document avait un indice, un classement, et un accès facilité selon des critères précis. Cette centralisation du savoir est une étape clé dans l’histoire de l’organisation de l’information.


Moyen Âge et Renaissance : cataloguer pour mieux transmettre


Scriptoria et bibliothèques monastiques


Au Moyen Âge, les monastères jouaient un rôle central dans la préservation et la transmission du savoir. A cette époque, les scriptoria étaient des lieux attenants aux bibliothèques, dans lesquels les scribes ou les moines recopiaient, enluminaient ou traduisaient les livres.


L’abbaye de Saint-Gall en Suisse, fondée au VIIIe siècle, mit en place une méthode exemplaire de tri et d’indexation, permettant une consultation rapide.


La comparaison avec le SEO moderne est, ici, tout à fait stupéfiante :


  • Catégorisation thématique (rappelant la structure H1, H2 et H3).

  • Codification et numérotation (rappelant les métadonnées et permaliens).

  • Renvois et liens internes (rappelant le maillage interne web).

  • Hiérarchisation selon l’usage (rappelant la pondération PageRank, un algorithme conçu par Google permettant d’établir une hiérarchie des pages en fonction de leur importance relative sur le web).


L’abbaye de Saint-Gall montre que la logique de tri et de classement de l’information est une pratique ancienne, et que le SEO n’est qu’une transposition numérique de méthodes médiévales sophistiquées.


L’imprimerie et la multiplication des informations


C’est au IXe siècle, en Extrême-Orient, que les prémices de l’invention de l’imprimerie voient le jour. Les scribes chinois transposent alors le Sutra du diamant (un texte majeur du bouddhisme), depuis des blocs de bois vers le papier, imprimé et illustré pour une diffusion massive.


Mais c’est véritablement au XVe siècle que le volume des livres explose, grâce à l'imprimerie à caractères mobiles mise en place par Gutenberg. L’idée consiste en la fabrication de caractères métalliques, alignés sur des rails, annonçant la naissance de la typographie.


Grâce à ce système, la reproduction d’ouvrages écrits gagne un temps considérable. En trois années, Gutenberg réalise 180 exemplaires de la Bible, là où un moine copiste en aurait achevé un seul.


Toutefois, face à l’explosion quantitative de titres, de nouveaux défis apparaissent : comment savoir quel livre contient quelle information ? Comment s’orienter rapidement dans un ouvrage parfois très dense ? Comment relier les savoir entre eux, pour ne pas se perdre dans la masse croissante de textes disponibles ?


Deux innovations majeures interviennent, pour répondre à ces besoins :


  1. Les catalogues de bibliothèques, qui préfigurent le rôle des métadonnées actuelles (titre, auteur, sujet), qui permettent aux moteurs de recherche de classer et retrouver l’information.

  2. Les tables des matières et index, permettant de se rendre directement à la section qui intéresse le lecteur.


Ces outils transforment profondément la manière de lire : au lieu de parcourir un texte de manière linéaire, le lecteur peut naviguer à l’intérieur du savoir, en fonction de son besoin immédiat.


L’essor des bibliothèques publiques


Avec la Renaissance, apparaissent les premières bibliothèques publiques, comme la Biblioteca Medicea Laurenziana à Florence (1581). Ces bibliothèques adoptent des méthodes d’indexation plus sophistiquées :


  • Classement par discipline scientifique ou philosophique,

  • Inventaires détaillés avec numéros et codification alphabétique,

  • Création de catalogues consultables par chercheurs.


Ces méthodes anticipent directement les fonctionnalités de recherche d’aujourd’hui : système de filtres, hiérarchisation et pertinence des résultats.


Les encyclopédies et la structuration du savoir


Au XVIIIe siècle, Diderot et d’Alembert publient l’Encyclopédie française, un projet ambitieux visant à organiser l’ensemble des connaissances humaines. L’encyclopédie introduit des méthodes de hiérarchisation par thème, sous-thème et renvoi croisé, qui anticipent des pratiques de référencement que l’on retrouve aujourd’hui dans les sites web et les moteurs de recherche.


Cette volonté d’organiser le savoir pour le rendre consultable montre que les problématiques de référencement et de navigation dans un ensemble de données ne sont pas nouvelles : elles sont au cœur de la gestion de l’information depuis des siècles.


L’industrialisation de l’information


Le XXe siècle et l’automatisation


A l’aube du XXe siècle, les sociétés industrielles produisent et accumulent une masse de données sans précédent : archives d’entreprises, documents administratifs, brevets, publications scientifiques, presse, statistiques...


Les bibliothèques et administrations ne peuvent plus gérer ces volumes uniquement avec des classements alphabétiques ou thématiques. Il y a un besoin urgent d’automatiser la recherche et l’indexation de l’information !


Du côté des bibliothèques universitaires et des services documentaires des grandes entreprises, on développe :


  • Des thésaurus (ou répertoire structuré de termes) pour normaliser le vocabulaire,

  • Des catalogues informatisés, permettant de rechercher par auteur, sujet ou mot-clé.

  • Des systèmes de pondération pour hiérarchiser l’importance d’un document.


Ces innovations sont directement transposables au SEO moderne (choisir les bons mots-clés, hiérarchiser le contenu selon sa pertinence, etc...).


Dans le même temps, plusieurs solutions innovantes sont proposées par des chercheurs :


  • Les cartes perforées d’Herman Hollerith (1890-1930), figurent parmi les premiers supports de stockage et de traitement de données utilisées dans le domaine de l'informatique. Chaque trou correspond à une donnée (âge, profession, etc...), permettant à des machines de lire et d’élaborer un tri automatique. Il faudra attendre les années 1980 pour que ce système soit entièrement remplacé par les disques durs et les bandes magnétiques.

  • Paul Otlet (1900-1940) et la documentation universelle : ce bibliographe belge rêve de créer un index universel du savoir, qu’il appelle le Mundaneum. Il imagine alors des fiches normalisées, reliées entre elles par des liens (préfigurant l’hypertexte). Pour gérer l’abondance de documents, il conçoit des dispositifs de classement semi-automatisés.

  • Vannevar Bush et le Memex (1945) : dans son article visionnaire As we May Think, Bush imagine une machine appelée Memex, sorte de bureau équipé de microfilms et de leviers permettant de naviguer entre les informations par associations de liens. Ce concept est considéré comme l’ancêtre direct de l’hypertexte, et donc du web.


L’apparition des bases de données et le protocole Marc


Les premières bases de données informatiques font leur apparition dans les années 1960, plus précisément en 1964. Le terme « database » est alors employé pour désigner une collection d’informations partagées par différents utilisateurs d’un même système d’informations.


Les bases de données introduisent des notions de recherche par critères, hiérarchie et pertinence. L’indexation devient automatisable : on peut retrouver des informations selon plusieurs paramètres simultanément, un concept clé pour comprendre le fonctionnement des moteurs de recherche d’aujourd’hui.


Quelques années auparavant, en 1956, les disques durs et mémoire de masse de grande capacité ont permis d’augmenter l’usage des premiers ordinateurs. La collecte, le classement et le stockage de grandes quantités d’informations devient plus simple et performant que la bande magnétique utilisée antérieurement.


Dans ce contexte intervient le format MARC (Machine Readable Cataloging) permettant de coder les informations bibliographiques, pour qu’elles soient lisibles par des ordinateurs. Objectif : inventer un format standardisé pour décrire un document à l’intérieur de l’écosystème informatique (titre, auteur, sujet, éditeur, etc.).


Cette codification est un précurseur direct des balises et métadonnées SEO, qui structurent le contenu d’une page web au service des moteurs de recherche.


En résumé :


  • Les bases de données permettent de stocker l’information.

  • Le protocole MARC définit comment la structurer et la coder, pour que différentes machines (et bibliothèques) puissent l’exploiter.


MARC est le langage commun qui a permis aux bases de données bibliographiques de dialoguer entre-elles. Sa logique est la même que celle de Google quand il consulte les balises méta, les schémas structurés ou les sitemaps.


Du moteur de recherche au référencement naturel SEO stratégique


Les premiers moteurs et leur logique de classement


Nous sommes au beau milieu des années 1990. L’explosion du web rend indispensable la « retrouvabilité » rapide de l’information. Les premiers moteurs de recherche (Archie, Lycos ou Altavista en 1995) créent des index de sites web, permettant aux utilisateurs de rechercher des pages selon des critères simples (mots-clés, titres et contenu principal).


Cette logique évolue toutefois très rapidement et de façon déterminante. Dès les années 1998-2000, Google impose l’algorithme PageRank, qui évalue la qualité des pages et la qualité des liens entrants.


Le référencement naturel ne devient plus seulement un impératif logistique : il devient également une discipline stratégique, combinant optimisation technique, création de contenu et gestion de la réputation en ligne. Les contenus créés doivent être pertinents, structurés et reliés à d’autres sources fiables.


En résumé, Google traduit en termes mathématiques ce que les bibliothécaires et encyclopédistes faisaient depuis des siècles : classer et hiérarchiser l’information pour la rendre pertinente pour l’utilisateur.


SEO moderne et continuité historique


Si le terme référencement naturel n’existe que depuis vingt-cinq ans, l’idée de classer et rendre consultable l’information date de plusieurs millénaires. Chaque étape, de la mémoire orale aux moteurs de recherche, illustre une continuité dans la réflexion sur la mémoire, l’archivage et la pertinence.


Aujourd’hui, le SEO implique :


  • La structuration du contenu (titres, chapô, balises),

  • L’optimisation technique (vitesse, maillage interne, sitemap),

  • La gestion de la popularité (backlinks, réseaux sociaux).


Même si les outils ont changé, le principe fondamental reste identique : permettre à l’utilisateur de trouver rapidement et facilement l’information la plus pertinente.


Ainsi, le SEO moderne est la transposition numérique d’une pratique millénaire : hiérarchiser le savoir pour le rendre accessible.


Quelles leçons pour les professionnels du web ?


Comprendre cette histoire permet aux professionnels du SEO de prendre du recul :


  • Les algorithmes changent, mais le principe de pertinence reste central.

  • La structuration et la hiérarchisation des contenus sont essentielles pour la compréhension par l’utilisateur et les moteurs.

  • L’optimisation ne doit pas être artificielle : elle repose sur l’intelligence humaine et la logique de classement.


FAQ - Foire aux questions


  • Le référencement naturel existe-t-il depuis toujours ?

Non, le SEO moderne existe depuis l’invention des moteurs de recherche et du PageRank à la fin des années 1990. Mais la problématique d’indexer et classer l’information est millénaire.


  • Quelle est la différence entre indexation ancienne et SEO moderne ?

L’indexation ancienne visait à retrouver efficacement des informations physiques (tablettes, manuscrits, livres), tandis que le SEO moderne optimise l’accès aux informations numériques via des algorithmes.


  • Pourquoi comprendre l’histoire du référencement est important ?

Cela permet de comprendre les fondements du SEO, de s’inspirer des méthodes de hiérarchisation ancestrales et de mieux anticiper les évolutions futures.


  • Le SEO n’est-il qu’une question technique ?

Non, c’est à la fois technique, éditorial et stratégique. Il repose sur l’idée universelle que l’information doit être accessible, hiérarchisée et pertinente.

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